En attendant Godot

Waiting for Godot

Waiting for Godot

En attendant Godot…

Mais qui est Godot ? On ne sait pas !

Viendras-t-il aujourd’hui ? Demain ? Viendras-t-il un jour ? Aucune idée !

Et l’attente devient longue, ennuyeuse et angoissante…A travers Vladimir et Estragon, Becket résume le côté abstrait, répétitif qui donne à l’existence sa dimension à la fois tragique et comique.

Nos deux héros se retrouvent chaque jour, même endroit, même heure pour attendre un certain « Godot » et en attendant l’arrivé du messie, ils se trouvent affrontés à l’angoisse et l’ennui qui en découlent, pour y remédier et faire passer le temps, ils s’adonnent à différentes occupations, souvent ridicules, mais chacun des deux personnages se choisit une ligne de conduite. Vladimir « le sage », cherche à comprendre, pense, espère, se pose des questions et essai de donner un sens à son attente. Estragon, qui en quelque sortes représente « la masse » se refugie quant à lui dans l’oubli (à l’image de Pozzo) pour échapper au caractère répétitif et inutile de leur attente quotidienne (ou la vie finalement). Dans leur quête, Vladimir et Estragon ont besoin chacun de l’autre mais s’affrontent régulièrement au constat qu’ils étaient mieux chacun dans son coin, à l’image de l’Homme qui a exprimé à travers son évolution dans le temps, le besoin de vivre en société au prix de souffrances infinies.

La mort, le sens de la vie, l’espoir, le bonheur, ou simplement la volonté de survie ? A la lecture de l’œuvre de Becket, chacun donnera son explication pour résoudre l’énigme Godot. Une tâche à laquelle se soustrait même l’auteur de la pièce…

Un pari réussi en quelque sorte pour Becket, qui a vu sa pièce faire le tour du monde, mais si l’on veut vraiment évaluer l’œuvre d’un point de vue artistique, l’on ne peut s’empêcher de ressentir un certain manque d’originalité – je pense notamment à Kafka –. Aussi on a l’impression que l’auteur n’y met pas assez de passion (les dialogues qui n’arrivent tout même pas à accrocher), peut être vu le caractère inachevé des personnages (je pense notamment au duo pourtant fort intéressant Pozzo-Lucky) et de certaines idées. En outre, Becket n’est certainement pas un Wilde ou un Pouchkine, son style ne contient pas cette folie qui peut masquer voire maquiller quelques imperfections.

~ par Master Of Disguise le avril 29, 2009.

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